Fausse fourrure - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

La fausse fourrure est-elle plus clean ?

« La vraie fourrure est une calamité, mais la fausse fourrure n’est pas la solution » Orsola de Castro

Des années de campagne de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) ont fini par avoir gain de cause. En effet, de plus en plus de marques excluent la fourrure de leurs collections. Pour autant, les alternatives proposées, à savoir la fausse fourrure, valent-elles mieux ?

Pourquoi la fourrure est-elle si décriée ? Cela peut paraître évident, au nom du bien-être animal ! Mais on peut ne pas être vegan et pour autant récuser l’usage de la fourrure. Car, contrairement au cuir, la fourrure n’est pas un produit dérivé. La viande du vison, du renard ou de la marmotte n’est pas vouée à l’alimentation. En cas de non-usage, cette matière est perdue. Les animaux sont donc élevés et tués à des fins purement esthétiques. Et ce, dans des conditions d’élevage souvent misérables pour les animaux comme pour les employés : élevage intensif et polluant, maltraitance animale, abattage non réglementé, surmenage ouvrier dans des conditions d’insalubrité et d’insécurité des infrastructures. Il suffit de se rendre sur le site de PETA pour voir des images des assommoirs, du dépeçage et du démembrement à vif des animaux pelés.

Des marques engagées, d’autres plus contraintes

Si la créatrice britannique Stella McCartney, végane, n’a jamais utilisé de matières premières d’origine animale, d’autres maisons ont abandonné la vraie fourrure sous la pression des associations, de l’opinion publique, et de leurs clients. Ces derniers mois, plusieurs maisons ont renoncé aux poils animaux dans leurs collections. C’est notamment le cas de Valentino qui a arrêté depuis début 2022, tout comme Oscar de la Renta. Le groupe Kering (Balenciaga, Gucci, Bottega Veneta, Alexander McQueen, Brioni, Saint Laurent) s’y mettra à compter des collections automne-hiver 2022-2023, tout comme Armani qui abandonne aussi l’angora, Canada Goose – connue pour ses doudounes à la capuche en fourrure de coyote. Moncler a annoncé en janvier 2022 qu’elle présentera sa dernière collection incluant de la fourrure à l’automne-hiver 2022-2023, en parallèle du lancement du second volet de “Moncler Born to Protect”, sa collection conçue à partir de matériel à faibles impacts sur l’environnement. D’autres maisons devraient prochainement faire le même type d’annonce : Vivienne Westwood, Chanel, Prada, Versace…
Dans cette démarche “cruelty free” et, on pourrait le croire, éco-responsable, certaines marques optent pour la fausse fourrure, une matière qui imite la vraie au visuel et au toucher.

La fausse fourrure à la recherche de matières premières non dérivées de pétrole

Les deux fibres les plus communément utilisées pour fabriquer la fausse fourrure sont le polyester et l’acrylique, c’est-à-dire deux matières dérivées du pétrole, et donc pas vraiment ce que l’on fait de mieux en termes de durabilité. En effet, un manteau en fausse fourrure peut nécessiter plusieurs barils. Du coup, comme pour tout vêtement dans ces matières, sa fabrication et son entretien relarguent des microplastiques dans les eaux usées qui finissent dans les algues et les estomacs des poissons.

Des progrès en cours

Face à ce dilemme, les marques plus haut de gamme ou plus engagées poussent les fabricants à se challenger. Certains commencent à développer des fibres naturelles obtenues à partir de chanvre, de maïs ou d’ortie.

Le fabricant français Ecopel (qui appartient au conglomérat chinois Haixinet et qui a racheté Peltex, le dernier fabricant français) a également lancé une ligne de fausse fourrure, Umi Collection, confectionnée à partir de plastique collecté dans les océans. Une fois la fibre récupérée, celle-ci est tricotée puis teinte selon la coupe et la couleur désirées. Mais cette production reste marginale. La fausse fourrure provenant de fibres végétales ou recyclées est limitée pour l’instant sur le marché à 10 à 20%.

Une fabrication polluante

Souvent à l’autre bout du monde

La question de la production est toujours centrale dans la mode. Plus elle est géographiquement éloignée du pays de vente, plus elle est potentiellement polluante. L’un des principaux producteurs de fausse fourrure reste la Chine. Les employés y sont exposés aux émanations toxiques de cyanure vinylique, nécessaire à la fabrication d’acrylique, dans les mêmes conditions déplorables de travail que pour le reste de la fast fashion. Mais d’autres pays fournissent aussi les marques. C’est le cas de la France et de l’Italie (à travers Ecopel), entre autres pour les marques plus haut de gamme et luxe.

Une teinture polluante

Ecopel - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION
©Ecopel

Les vêtements en fausse fourrure se déclinent souvent dans des teintes, disons, « originales », ce qui implique des procédés industriels gourmands en eau et en produits chimiques.
Là encore, comme dans le reste de l’industrie de la mode, des alternatives sont progressivement mises au point, utilisant notamment des colorants végétaux ou des colorants sans eau, mais cela reste l’apanage des produits les plus coûteux.

La fausse fourrure est moins durable, car liée à la fast fashion

Un manteau en fourrure était un achat coûteux, un investissement qui durait toute une vie et même se transmettait de génération en génération (qui n’a pas au fond de son placard un vieux tour de cou en renard ou en lapin, et pour les plus « chanceuses » une veste en astrakan ou vison hérité de sa grand-mère ?)

Mais aujourd’hui les manteaux en poils arc-en-ciel se trouvent certes chez Burberry, mais sont achetés à tours de bras chez Primark, Zara ou H&M. La qualité a été remplacée par la quantité. La fausse fourrure est grandement liée à la fast fashion.
De ce fait, un manteau en fausse fourrure dure aussi longtemps que tout autre vêtement, en moyenne entre 6 mois et 6 ans. Or, il est peu reconditionné dans les réseaux de seconde-main, notamment parce qu’un achat neuf est très peu cher.

Alors que faire ? Le mieux : éviter, comme certaines marques l’ont décidé, vraie et fausse fourrure.

Et si vraiment vous rêvez d’un de ces manteaux façon peluche ? On assume le manteau de sa grand-mère – celui-là existe déjà depuis bien longtemps – ou on préfère aux fausses-fourrures des enseignes de fast fashion celles de marques spécialisées, fabriquées en France, éco-conçues à partir de fibres naturelles ou recyclées. Quitte à y mettre le prix…

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